S’il est un poème qui me suit, et pour tout dire me poursuit, depuis mon adolescence et demeure pour toujours comme une fleur vivace en moi, c’est Le pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire.
Je dois sa découverte à un professeur de Français, mais aussi de musique, Gilbert Faurite. Je lui dois beaucoup, et pas seulement pour ce poème qu’il a fait découvrir à sa classe, une classe de Loriol-sur-Drôme où je vivais alors, en partie peuplée d’élèves du milieu rural . Je pense qu’il a eu beaucoup de mal à enseigner à mes camarades de classe. Il faut dire qu’avec la belle campagne toute proche, beaucoup pensaient plus à des escapades qu’à étudier. Mais notre professeur, très jeune et plein d’énergie et d’enthousiasme s’est malgré tout attelé à cette tâche ardue.
En 1999 j’ai été nommé chargé de mission (assistant de conservation) à la Phonothèque de feu le Musée des Arts et traditions populaires (MNATP). J’ai été chargé, outre du fonctionnement quotidien de la phonothèque, du passage des fiches cartons à une base de données, mais aussi de la modernisation technique du laboratoire sonore (studio) de la phonothèque. C’est lors de cette mission que je suis tombé sur l’enregistrement original du Pont Mirabeau par Apollinaire lui-même. En effet, la phonothèque conservait les enregistrements sonores de son ancêtre direct, les Archives de la Parole (Cf. : http://gallica.bnf.fr/html/und/enregistrements-sonores/inauguration-des-archives-de-la-parole). Et parmi ces archives sonores figurent un disque avec cet enregistrement historique. L’enregistrement peut être écouté ici: https://www.youtube.com/watch?v=5UGA_T4G3Ns. Je joins l’étiquette du disque ci-après.
Raphaël Parejo-Coudert, 28 juin 2017